TRANSPORT II, un programme au service de l’économie nationale.

Un des objectifs spécifiques du Programme d’appui aux réformes des transports consiste en « l’adaptation des réformes institutionnelles aux besoins de l’aménagement de l’infrastructure et du développement de l’économie ».

Les principes de « développement de l’économie » et de « création de richesses » sont fortement présents dans les activités et les actions conduites par les quatre composantes du Programme Transport II.

Sur les plans législatif et réglementaire, les propositions de modifications des textes entrent dans ce cadre précis. C’est notamment le cas de l’actualisation des lois principales des sous-secteurs maritime et portuaire, celles de l’aérien, du ferroviaire et du transport terrestre. La mise en adéquation de ces lois avec la législation internationale permettra aux entreprises qui activent dans ces sous-secteurs de se mettre au niveau des standards économiques, de gagner en fiabilité et en rentabilité.

Si Ceci est valable pour le secteur économique, il l’est tout autant pour l’administration. Le Système d’Information du Secteur des Transports (SYST), outil d’aide à la décision développé dans le cadre de Transport II, offrira aux responsables du secteur des Transports une vue d’ensemble des activités et permet de gagner en réactivité afin de prendre les décisions idoines pour évaluer et superviser les politiques nationales des transports. Ce progiciel permettra de gérer différentes actions, notamment les avis d’appels d’offres et les enveloppes octroyés à la réalisation des projets, autant par l’administration centrale que par les structures décentralisées. Gains de temps et donc d’argent.

Le triptyque : Sécurité – Transport – Economie est, pour sa part, pris en charge à travers différents projets d’envergure. Nous le retrouvons dans la Carte de vigilance des risques climatiques et météorologiques développée par l’Office national de la météorologie (ONM), le projet de réorganisation du Centre opérationnel de sûreté des navires et des installations portuaires (COSS) ou encore dans les actions d’implémentation du Chronotachygraphe numérique.

Sur le volet du développement économique, les actions de formation dispensées par les experts du Programme Transport II ne sont pas en reste. Un large éventail de formation a été dispensé depuis le lancement du programme Transport II en 2014. Aérien et aéroportuaire, maritime et portuaire, ferroviaire, transports terrestres, etc. Les bénéficiaires ont acquis des notions qui permettent d’intégrer leurs actions dans une dynamique économique.

A ce titre, la mise à niveau de l’Ecole nationale d’application des techniques des transports terrestres de Batna a permis l’intégration de la dimension économique dans sa nouvelle nomenclature de formations. L’ENATT est appelée à devenir un pôle d’excellence fondée sur les principes d’un système de transport sûr, écologique, fiable et durable. Un secteur des transports vecteur de développement économique.


Interview de M. CHEBBAB Miloud (SIST)

Trois questions à M. CHEBBAB Miloud Directeur des Systèmes de l’Information et de l’informatique (SIST).

      1.Le programme de développement du SIST est arrivé à terme en juin 2017. Quelles sont les prochaines phases ?

Officiellement, le développement du SIST s’est achevé le 29 juin 2017. Néanmoins, comme tout système d’information, le SIST est appelé à s’inscrire dans un processus d’amélioration continu. Un Plan d’évolution du système d’information (PESI), devrait être établi et accompagner le ministère des Travaux publics et des transports dans la pérennisation du système. Il définira des objectifs à atteindre à travers différentes phases (court, moyen et long termes), et énumérera les moyens et ressources nécessaires pour atteindre ces objectifs. Le développement de la compétence humaine, ainsi qu’un ancrage juridique sont les principales forces qui garantiront un fonctionnement continu du SIST.

   2.Concrètement, quel sera l’impact du SIS dans le processus de prise de décision ?

Rappelons que le SIST a été doté d’un SID (Système d’Information Décisionnel) conforme aux standards internationaux. Outre les applications opérationnelles, le SIST dispose d’un dictionnaire des indicateurs du secteur avec une panoplie de composantes permettant une remontée d’information de « qualité » et avec une meilleure promptitude, à partir des structures déconcentrées. Ces indicateurs seront par la suite stockés dans un entrepôt de données central, et pourraient être consultés à travers des tableaux de bord. Ceux-ci permettront aux responsables à tous les niveaux de mesurer l’impact des politiques de transport et d’élaborer des plans stratégiques efficients.

      3.Quel a été l’apport des ingénieurs et des techniciens Algériens dans le développement du SIST ?

Les informaticiens du ministère ont manifestement contribué dans la mise en œuvre du SIST dès le début des activités, notamment dans le choix des technologies utilisées, ainsi que dans la préparation des environnements IT nécessaires à l’hébergement des outils logiciels développés. En plus, et conformément aux Termes de références (TDR), une procédure de déploiement des applications a été élaborée pour impliquer les équipes algériennes dans la mise en service du système, et dans la migration des données du secteur dans le SIST. Ce qui constitue un début de transfert d’expertise contribuant à une appropriation des livrables. Ceci-dit, la DSII est appelée à développer les connaissances de son équipe en matière de maintenance des systèmes d’information, lors de la mise en place du plan d’évolution (PESI), évoqué précédemment.

Schéma architecture du SIST
Schéma architecture du SIST

INTERVIEW DE M. GUELLIL Djilali (COSS)

Trois questions à M. GUELLIL Djilali Chef du Centre opérationnel de suivi de la sécurité et de la sureté des navires et des installations portuaire (COSS).

      1.Quelles sont les propositions concrètes formulées dans le cadre du Programme TRANSPORT II abordant le processus de redéfinition des missions du Centre opérationnel de sûreté des navires et des installations portuaires (COSS) ?

Dans le cadre du programme d’appui du secteur des Transports (TRANSPORT II), le travail de l’expert a été d’étudier la situation actuelle du COSS au regard des missions à accomplir et d’analyser le cadre juridique et réglementaire en vue d’une redéfinition de la mission du Centre pour optimiser son rôle et son fonctionnement dans la gestion des risques du transport maritime et des ports

A la suite de cette analyse, une redéfinition de la mission du COSS a été menée pour aboutir à la rédaction d’un nouveau projet de décret qui remplace le décret n° 04-418 du 20 décembre 2004 portant « Désignation des autorités compétentes en matière de sûreté des navires et des installations portuaires et de création des organes y afférents ». Huit projets de textes ont été proposés afin de permettre de fonder les nouvelles attributions du COSS. L’objectif étant de clarifier, de simplifier et de renforcer le rôle et le fonctionnement du COSS.

Dans un autre chapitre, trois formations ont été organisées au niveau du COSS dans le cadre du programme TRANSPORT II. Les participants de différentes entreprises maritimes et portuaires ainsi que les personnels du COSS, se sont dits satisfaits du programme de formation et ont exprimé un retour positif, notamment en matière de : sécurité de la navigation maritime ; de gestion de la sécurité et de la sûreté des navires et des installations portuaire ainsi que des audits dans le sous-secteur maritime et portuaire. 

 

      2.Les recommandations ont-elles été mises en œuvre ?

Le plan d’actions du programme d’appui du secteur des Transports (TRANSPORT II), est constitué d’un répertoire des textes à adopter et d’une feuille de route visant à l’adoption de ces textes à court ou moyen termes.

Le répertoire des textes a été constitué en prenant en compte les huit textes principaux proposés dans le Rapport technique 2 mais également des propositions de textes (décrets, arrêtés, circulaires) nécessaires pour que l’environnement juridique et institutionnel dans lequel s’insère le COSS soit le plus complet possible.

La proposition d’un nouveau projet de décret qui remplace  le décret n° 04-418 du 20 décembre 2004, a été examinée et mise en œuvre par le Comité intersectoriel devant prendre en charge les recommandations retenues lors de la Rencontre nationale sur la sureté portuaire, conformément aux instructions de monsieur le Premier ministre.

   3.La redéfinition des missions du COSS permettra-t-elle de gagner en efficacité dans la gestion de la sécurité des navires et des installations portuaires ?

L’objectif de modifier le décret n° 04-418 et la redéfinition des missions du COSS vise à établir un cadre national conforme aux dispositions du chapitre XI-2 de la convention SOLAS et du Code international pour la sûreté des navires et des installations portuaires (ISPS). Ce texte permettra la mise en place des procédures de coopération entre les administrations et les entreprises du secteur maritime et portuaire. Il clarifiera, simplifiera et renforcera le rôle et le fonctionnement du COSS.

Organigramme du CISS
Organigramme du CISS

INTERVIEW DE M. IHADADENE (Météo Algérie)

Trois questions à Monsieur IHADADENE Directeur Général de Météo Algérie.

      1.Météo Algérie a saisi l’opportunité du Programme d’appui aux réformes du secteur des Transports (Transport II), dont il est un des principaux bénéficiaires, pour mettre en œuvre un processus de modernisation. Cette modernisation de l’ONM, basée notamment sur l’instauration d’un management stratégique, est-elle pleinement engagée ?

La réorganisation de l’Office national de la météorologie, devenu Météo Algérie, est effectivement un des principaux objectifs du projet d’appui initié dans le cadre du programme Transport II. Il vise à permettre à Météo Algérie d’avoir une organisation moderne, optimale et basée sur la gestion des compétences. Une organisation cible a été élaborée en collaboration avec les experts engagés dans le cadre du contrat. Nous peaufinons actuellement cette proposition avec, notamment, un complément de tâches. La nouvelle organisation sera prête vers la fin de l’année 2017.

 

      2.L’Office a une mission de service public mais est également tenu d’atteindre des résultats dont celui d’être rentable. Comment se déroule le développement du nouveau plan marketing ?

Effectivement, l’Office est un Etablissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) qui est doté d’une mission de service public. Il se doit donc d’équilibrer ses comptes et de dégager des bénéfices. L’aéronautique reste notre client traditionnel, il constitue 85{1d5c1e531d76569bbc35786f60e24cc161a37caa662184ee84c4de8f937b1418} de notre chiffre d’affaires. Les autres 15{1d5c1e531d76569bbc35786f60e24cc161a37caa662184ee84c4de8f937b1418} proviennent de contrats commerciaux avec des entreprises à qui nous fournissons des données météorologiques. Parmi elles figurent les ports maritimes, les sociétés de construction ou encore les médias. Dans le cadre du contrat de modernisation, nous avons pu identifier d’autres produits que nous comptons développer dans un proche avenir. Un recrutement a été effectué pour renforcer notre service marketing. C’est justement dans le cadre de cette nouvelle politique marketing que nous avons procédé à la modification de la dénomination de l’Office national de la météorologie en Météo Algérie. Nous avons pris attache avec des experts qui auront pour mission de dispenser des formations dans le but de développer de nouveaux produits, notamment dans le secteur de l’agriculture.

 

      3.Dans le cadre du Programme Transport II, les ingénieurs et techniciens de l’ONM ont travaillé en partenariat avec des experts étrangers. Le volet lié au transfert de savoir-faire et de connaissance est-il satisfaisant ?

Le transfert du savoir-faire est un volet important du contrat de modernisation de Météo Algérie. Il vise à permettre aux ingénieurs et aux techniciens de maîtriser les techniques les plus pointues en termes de prévision météorologiques. C’est avec l’appui des différents experts que nous avons pu développer un système d’information géographique qui va nous permettre de réaliser des cartes de vulnérabilités pour divers phénomènes météorologiques. Nous estimons que le transfert de connaissances a atteint un niveau très satisfaisant. En effet, 68 cadres, ingénieurs et techniciens de l’Office ont travaillé dans le cadre de ce contrat. Ils ont pu développer de nouvelles compétences et connaissances dans différents domaines. A titre d’exemple, la carte de vigilance a été réalisée dans un délai record, ce qui démontre également le niveau de technicité atteint par les équipes de Météo Algérie.

Carte de vigilance météorologiques
Carte de vigilance météorologiques

INTERVIEW DE MME. AMARA RACHIDA (ENATT)

Trois questions à Mme AMARA Rachida, sous-directrice de la formation de l’ENATT

1. L’Ecole nationale d’application des techniques des transports terrestres est en pleine mutation. Quel bilan faites-vous des changements engagés ?

 

L’ENATT a bénéficié au titre du Programme d’appui aux réformes du secteur des transports en Algérie d’un projet visant à la moderniser et à changer son statut afin de la hisser au rang d’Ecole supérieure hors université.

L’objectif étant de répondre aux besoins du secteur en termes de formation avec un accent particulier au volet logistique. Les changements opérés ont pour objectif un renfort qualitatif en termes de ressources humaines pour le secteur des transports terrestres particulièrement.

2. Où en est le projet de création de l’Ecole nationale supérieure des transports terrestres et de la logistique ENSTTL ?

 

Le ministère des travaux publics et des transports a élaboré un projet de texte portant sur le changement du statut juridique de l’ENTATT de Batna, pour devenir Ecole Supérieure, dénommée Ecole Nationale des Techniques des Transports et Logistiques (ENTTL).

La première mouture est déjà élaborée, et nous sommes en bonne voie pour l’aboutissement rapide de cette mutation.

 

3. L’ENATT, future ENSTTL, est-elle appelée à servir d’exemple pour le développement d’établissements d’excellence ?

 

Effectivement, la réussite du projet de changement de statut de l’ENATT (future ENSTTL) constituera une aubaine et un encouragement certain pour développer, dans le secteur des transports en général, des établissements d’excellence.

Cette première expérience pourra être appliquée au niveau des autres modes de transport qui disposent d’établissements spécifiques.